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Mandala, pratique d'introspection / 1


En 2014, ma formation de professeur de yoga se termine et je présente à mes formatrices et collègues un mémoire intitulé : "YOGA & MANDALA, par là si j'y suis…" 

Je souhaite en partager quelques extraits sur ce blog car la pratique du mandala, alliée à celle du yoga me semble toujours être riche d'enseignement et découvertes. L'esprit peut s'exprimer par le biais de l'imaginaire, l'air de rien… et délivre à la sphère consciente des messages plus ou moins perceptibles. Une autre écoute, plus visuelle se développe et donne à voir ce qui parfois se cache…   



Au XXè siècle, le psychanalyste zurichois Carl Gustav Jung considère que les symboles universels ou « archétypes » communs à toutes les cultures représentent l’ensemble de l’héritage spirituel de l’humanité. Selon lui, l’inconscient collectif est une partie intégrante de l’expérience de l’individu. Il crée le concept d’individuation qu’il définit ainsi : « J'emploie l'expression d'individuation pour désigner le processus par lequel un être devient un in-dividu psychologique, c'est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité ».

 

 

 

Il réalise son premier mandala en 1916 et découvre qu’il s’avère être un outil puissant de transformation et un support de croissance symbolisant la totalité. Il considérait les mandalas créés spontanément en rêve ou en état de veille comme des tentatives inconscientes de guérir notre être intérieur, de mettre de l’ordre dans notre psyché. Il entreprend alors d’en créer un chaque matin, établissant ainsi un instantané de sa « situation intérieure du moment ». Après quelques années d’observations et d’étude il parvint à la conclusion qu’il s’agissait effectivement d’une forme archétypale universelle, une représentation de soi et du monde. 

« Il devint de plus en plus évident pour moi que le mandala est le centre. C’est le modèle de toutes les voies. C’est la voie qui mène au centre, à l’individuation. »

 

Il propose à ses patients de réaliser également des mandalas spontanément vus en rêve ou imaginés et utilise les symboles archétypaux présents comme outils de croissance. Jung voyait cette création spontanée comme une « tentative d’exprimer soit la totalité de l’individu dans son expérience intérieure ou extérieure du monde, soit son point essentiel de référence. » Selon lui, ce n’est que lorsque nous sommes disposés et prêts à faire face à nos démons et peurs que nous pouvons commencer à effectuer les changements nécessaires pour enclencher le processus de transformation et finalement réaliser l’individuation de notre personnalité.


« Leur motif de base est l'intuition d'un centre de la personnalité, pour ainsi dire d'un point central à l'intérieur de l'âme, à quoi tout se rapporte, par lequel tout est ordonné, et qui représente en même temps une source d'énergie. L'énergie du centre se manifeste dans le besoin contraignant, presque irrésistible, de devenir ce que l'on est à la manière dont tout organisme doit à tout prix parvenir, au moins approximativement, à la forme qui correspond à son être. » 

 

CG Jung « Psychologie et orientalisme »


J'entreprends alors de dessiner un mandala tous les matins, dans un moment assez proche du réveil, lorsque la machine mentale est encore un peu assoupie. Je traçais ainsi mon cercle et laissais venir formes et couleurs spontanément le plus souvent à l’aquarelle. Cette démarche s’est placée pendant quelques semaines avant la pratique de yoga matinale. Je posais ensuite le mandala à portée de regard lors de la séance. Je n’ai pas ressenti de différence notable dans ma pratique et me souviens m’en être agacée un peu. Je suppose avoir attendu que quelque chose de flagrant se produise… mais il n’en fut rien et cela me fait sourire aujourd’hui. Il me semblait même parfois que certains mandalas étaient encore « présents » lors de la séance, comme si une porte n’était pas bien refermée et la sensation était plus perturbante qu’agréable. J’ai également essayé de peindre le mandala après la séance de yoga. Pour ces cas-là, l’expérience de dessin s’en trouvait plus apaisée, je me sentais plus « à vide » pour peindre et moins "encombrée" d’images et sensations. Les séances de cette époque suivaient la démarche du mandala : le plus de spontanéité et de liberté possibles. Je n'ai pas recherché à interpréter ou intellectualiser les ressentis ni les dessins d'ailleurs. J'ai remarqué toutefois que semblait s'ouvrir un pan intuitif encore endormi en moi. 

 

Je poursuis depuis cette époque ces pratiques conjointes. Non pas de manière continue ou systématique, mais par moments, lorsque je ressens l'envie de retrouver cette connexion aux sphères subtiles.


En fin de chaque article de cette "série" Mandala, pratique d'introspection", je dépose un mandala personnel.

Ici, celui de mai 2021, aux alentours du 20-05. 

Aquarelle et tracés numériques.

 

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