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Mandala, pratique d'introspection / 2


En 2014, ma formation de professeur de yoga se termine et je présente à mes formatrices et collègues un mémoire intitulé : "YOGA & MANDALA, par là si j'y suis…" 

Je souhaite en partager quelques extraits sur ce blog car la pratique du mandala, alliée à celle du yoga me semble toujours être riche d'enseignement et découvertes. L'esprit peut s'exprimer par le biais de l'imaginaire, l'air de rien… et délivre à la sphère consciente des messages plus ou moins perceptibles. Une autre écoute, plus visuelle et plus intuitive se développe et donne à voir ce qui parfois se cache…   


MANDALA ET CULTURES


Mandala मण्डल est un mot sanskrit qui signifie cercle, disque, sphère ou encore roue. Diagramme possédant un centre et une périphérie, il est l’élément formel archétypal le plus présent autour de nous.

 

Dans le bouddhisme tibétain, le mandala désigne l’entourage sacré d’une ou plusieurs déités. Il représente l’Univers, le monde de la vie et de la mort. Ils ressemblent au plan d’un temple en projection horizontale dont le centre est protégé par une enceinte à 4 portes gardées chacune par un démon. Les mandalas tibétains sont réalisés en sable sur plusieurs couches par des moines pour la guérison de tous les êtres. Leur réalisation et les pratiques associées de chants de mantras et de méditation sont très codifiées. Lorsqu'ils sont achevés, ils sont ensuite démantelés et dispersés dans une étendue d’eau voisine en offrande, cette pratique symbolique rappelant à tous l'impermanence des choses. 


 

Ils sont appelés yantras dans la tradition hindoue et sont réalisés à partir de formes plus stylisées et géométriques ayant chacune une symbolique définie.

Le point, nommé bindu, est le centre énergétique de création.

Le triangle équilatéral avec la pointe vers le bas, shakti kona, est associé à l'énergie féminine et à l'eau.

Le triangle équilatéral avec la pointe vers le haut, shiva kona, est associé à l'énergie masculine et au feu.

Le cercle, chakra, représente l'air.

Le carré, bhupura, évoque la Terre.

La fleur de lotus , padma, est un symbole de pureté.

Les yantras représentent une vérité ou qualité du monde (Amour universel, Vérité suprême…) et servent de support de méditation afin d’acquérir ou de s’approcher du concept auquel ils sont liés. Méditer ainsi avec ce support visuel permet au pratiquant d'acquérir les qualités représentées par le yantra.


 

Dans les tribus Navajo, le mandala est réalisé également en sable de couleur sur le sol par un guérisseur afin de restaurer l’équilibre naturel du patient. Ces cérémonies de guérisons visent à rétablir l'équilibre brisé entre l'homme et son environnement. En utilisant les archétypes et symboles du monde humain et du monde naturel, le chaman réconcilie et ramène l'harmonie. La cérémonie sollicite le secours de divinités représentées et le mandala est ensuite répandu aux vents.


 

Plus proche de notre culture occidentale, Hildegarde von Bingen, sainte bénédictine du XIIè siècle et médecin allemande réputée, eut une expérience d’éveil et reçut des visions qu’elle retranscrit par écrit et sous forme de chants et de dessins. Elle créa ainsi un grand nombre de mandalas inspirés par le Divin et la Nature, qu’elle désirait partager avec ses contemporains afin d’offrir une information utile à leur propre développement. Étant malade au commencement de ses visions, il semblerait qu’elle ait bénéficié de l’effet curatif de l’activité créatrice. Elle écrit en effet que ses symptômes disparaissaient dès que sa créativité s’exprimait. Ses mandalas ne sont pas sans rappeler les rosaces ornant les églises de cette même époque, elles aussi s'articulant autour de motifs naturels et de déités.


 

« Tout ce que réalise la Puissance du Monde a la forme d’un cercle. Le ciel est rond et j’ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle, et qu’il en va de même pour toutes les étoiles. Le vent, quand il est au plus fort, décrit des tourbillons. Les oiseaux construisent des nids ronds, car leur religion est la même que la nôtre. Le soleil entre son lever et son coucher décrit lui aussi un cercle. La lune fait de même et tous deux sont ronds. Les saisons elles-mêmes forment un grand cercle dans leur succession et reviennent toujours à leur point de départ. La vie de l’homme est un cercle qui va de l’enfance à l’enfance, et il en est ainsi de tout ce qui est mû par la force. »

 

Ce sont les propos d’Elan-Noir, un chef de la tribu des Dakotas en Amérique du Nord, rapportés par John Neihardt, auteur et ethnologue américain du XXè siècle.

 


En fin de chaque article de cette "série" Mandala, pratique d'introspection", je dépose un mandala personnel.

Ici, celui du 5 novembre 2020. 

Aquarelle et réhausses numériques.

 

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